Comment choisir
Lire une étiquette avant d'acheter : composition, chaussures, coût environnemental
Trois mentions décident d'un achat : la composition en fibres, les trois matériaux d'une chaussure et le coût environnemental en points d'impact.

Une étiquette n'est pas un argument de vente : c'est le seul endroit du magasin où une marque est tenue de dire quelque chose de vérifiable. En France, trois textes différents imposent trois mentions distinctes sur un vêtement, sur une chaussure et, depuis peu, sur le coût environnemental d'un article d'habillement.
Ce guide explique ce que chacune de ces trois mentions est obligée de contenir, ce qu'elle n'est pas obligée de contenir, et dans quel ordre les lire quand vous avez l'article en main. Les règles citées ici proviennent du code de la consommation et de décrets publiés au Journal officiel, dont les références figurent en bas de page.
La composition en fibres est encadrée, pas rédigée librement
L'article R412-42 du code de la consommation rend applicables en France les articles 2 à 5, 7 à 17, 19, 20 et 26 du règlement (UE) n° 1007/2011, ainsi que ses annexes I à IX. Ce règlement porte sur les dénominations des fibres textiles et sur l'étiquetage correspondant des produits textiles au regard de leur composition en fibres. Autrement dit, la liste des fibres n'est pas un texte libre : les dénominations utilisables sont fixées par les annexes du règlement.
La conséquence pratique est immédiate. Une mention composite inventée par la marque, du type « polycoton », n'est pas une dénomination de fibre prévue par le règlement. Quand vous la lisez sur une étiquette, vous ne savez pas si le vêtement contient 35 % ou 80 % de coton, et l'écart entre les deux change tout : la main, le séchage, le boulochage et la durée de vie.
La composition ne mesure pas la qualité, mais elle borne les possibles. Un pull annoncé en laine à 100 % et un pull en mélange laine-acrylique ne se comportent pas de la même façon au bout de 30 lavages, et l'écart de prix entre les deux ne suit pas mécaniquement l'écart de composition.

- Cherchez d'abord la fibre majoritaire et son pourcentage : c'est elle qui décide de l'entretien.
- Une dénomination qui ne figure pas dans la liste du règlement (type « polycoton ») est un signal d'étiquette approximative.
- L'élasthanne au-delà de 5 % change la tenue dans le temps : le vêtement se détend plus vite aux genoux et aux coudes.
- Une doublure peut avoir une composition différente de l'extérieur ; les deux sont indiquées séparément.
Les chaussures : trois parties et un seuil de 80 %
Les articles chaussants relèvent d'un texte à part, le décret n° 96-477 du 30 mai 1996. Il impose d'étiqueter trois composants et trois seulement : la tige, l'ensemble constitué de la doublure et de la semelle de propreté, et la semelle extérieure. Rien d'autre n'est obligatoire.
Le seuil est le point clé. Le décret vise le matériau qui représente en surface au moins 80 % de la tige, au moins 80 % de l'ensemble doublure plus semelle de propreté, et en volume au moins 80 % de la semelle extérieure. Si aucun matériau n'atteint ce seuil, les deux matériaux principaux doivent être indiqués. Une chaussure étiquetée avec deux matériaux sur la tige vous dit donc, sans le formuler, qu'aucun des deux ne domine à 80 %.
L'étiquetage peut prendre la forme de pictogrammes ou d'indications textuelles en français, et le détaillant doit afficher les pictogrammes et leur signification à proximité des produits. Le fabricant, son mandataire ou l'importateur fournit l'étiquette et garantit son exactitude ; le détaillant, lui, doit vérifier que l'étiquetage est présent.
| Partie | Base du seuil | Ce qu'une mention unique veut dire | Ce que deux mentions veulent dire |
|---|---|---|---|
| Tige (le dessus) | 80 % en surface | Un seul matériau couvre au moins 80 % du dessus | Aucun matériau n'atteint 80 % : deux matériaux principaux |
| Doublure et semelle de propreté | 80 % en surface | L'intérieur est homogène sur au moins 80 % | Intérieur mixte, par exemple textile sous le talon |
| Semelle extérieure | 80 % en volume | Une seule matière forme au moins 80 % du volume | Semelle composite, par exemple gomme et matériau synthétique |
Seuils repris du décret n° 96-477 du 30 mai 1996. Les catégories de matériaux et les pictogrammes correspondants figurent à l'annexe I du décret.

Le coût environnemental : volontaire, et exprimé en points d'impact
Depuis le décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025, entré en vigueur le 1er octobre 2025, un fabricant, un importateur ou tout autre metteur sur le marché qui porte volontairement le coût environnemental d'un vêtement à la connaissance du consommateur doit respecter un cadre précis. Le dispositif est volontaire : l'absence de cette mention ne dit rien sur le produit.
Le coût environnemental s'exprime en points d'impact, définis comme un nombre entier supérieur à zéro. Il doit être accessible au moment de l'achat et ne peut être actualisé, au maximum, qu'une fois tous les 3 mois. Avant toute communication, le responsable doit mettre à disposition sur un portail désigné la valeur en points d'impact, sa décomposition par catégories d'impacts, les informations d'identification du produit et la version de la méthodologie utilisée.
Deux conséquences pour un acheteur. D'abord, un chiffre affiché aujourd'hui peut dater de 3 mois, ce qui reste cohérent avec le texte. Ensuite, deux vêtements ne sont comparables que s'ils affichent la même version de méthodologie : des dispositions transitoires s'appliquent jusqu'au 1er octobre 2026, période pendant laquelle les bases de calcul peuvent différer d'une marque à l'autre.
Ce que l'étiquette ne dira jamais, et comment le vérifier en magasin
Aucun des trois textes n'oblige à indiquer le grammage d'un tissu, le type de doublure, la densité des coutures ni la méthode de montage d'une chaussure. Ce sont pourtant les paramètres qui décident de la durée de vie d'un manteau ou d'une paire. Ils se vérifient à la main, en 2 minutes, et sans démonter quoi que ce soit.
Pour un manteau, trois gestes suffisent : soupeser, regarder le jour à travers le tissu tendu devant une lumière, et ouvrir la doublure au niveau de l'emmanchure pour voir si les coutures sont surjetées ou simplement coupées. Pour une paire de chaussures, pliez la semelle : une semelle qui plie au milieu plutôt qu'à l'avant du pied vous fatiguera plus vite.
Comptez aussi le nombre de pièces. Un manteau monté en 4 panneaux tombe différemment d'un manteau monté en 2, et la différence se voit à l'arrière, au niveau de la couture centrale. Ce sont des observations que vous pouvez faire gratuitement avant de comparer deux prix.
- Soupesez le vêtement : à coupe égale, le poids est le meilleur indice du grammage.
- Tendez le tissu devant une source de lumière : un tissage lâche se voit immédiatement.
- Ouvrez la doublure à l'emmanchure et regardez si les bords sont surjetés.
- Tirez doucement sur une couture d'épaule : elle ne doit pas laisser apparaître les fils.
- Pliez la semelle d'une chaussure : elle doit plier à l'avant du pied, pas au milieu.
- Vérifiez que les deux chaussures de la paire portent la même étiquette de matériaux.

Un ordre de lecture qui tient en 5 minutes
L'ordre compte, parce que chaque mention élimine une partie des candidats. Commencez par la composition : elle décide de l'entretien, donc d'un coût récurrent que vous paierez pendant des années. Passez ensuite à l'étiquetage des matériaux si l'article est une chaussure, puisque le seuil de 80 % vous dit en une seconde si la tige est homogène.
Regardez le coût environnemental en dernier, quand il est présent, et seulement entre deux articles comparables. Ce chiffre est volontaire et peut avoir été actualisé il y a 3 mois ; il départage utilement deux modèles proches, il ne remplace pas la composition.
Si les trois mentions sont équivalentes entre deux articles, c'est le prix par port qui tranche, et c'est l'objet du calculateur de coût par port de ce site.
- Composition en fibres : fibre majoritaire, pourcentage, dénomination conforme.
- Chaussures : les trois mentions obligatoires et le seuil de 80 %.
- Entretien : symboles de lavage, puisqu'ils fixent un coût sur 5 ans.
- Coût environnemental, s'il est affiché, entre deux articles de même catégorie.
- Prix par port, avec votre propre nombre de ports estimé.
Avant d’acheter
- Localisez l'étiquette de composition et notez la fibre majoritaire et son pourcentage
- Écartez les articles dont la dénomination de fibre ne figure pas dans le règlement
- Sur une chaussure, lisez les trois mentions : tige, doublure plus semelle de propreté, semelle extérieure
- Retenez qu'une double mention signale qu'aucun matériau n'atteint 80 %
- Vérifiez les symboles d'entretien avant le prix : un nettoyage à sec coûte sur 5 ans
- Soupesez le vêtement et regardez le tissu à contre-jour avant de comparer deux prix
- Ne comparez deux coûts environnementaux qu'entre articles de même catégorie
- Reportez le prix et votre nombre de ports estimé dans le calculateur de coût par port
Les questions que posent les lecteurs
- L'étiquette de composition doit-elle être en français ?
- Les mentions d'étiquetage des produits textiles relèvent du règlement (UE) n° 1007/2011, rendu applicable par l'article R412-42 du code de la consommation. Pour les chaussures, le décret n° 96-477 prévoit explicitement des pictogrammes ou des indications textuelles en français. En rayon, une étiquette de chaussure sans pictogramme et sans mention française n'est donc pas conforme au décret.
- Pourquoi certaines chaussures affichent-elles deux matériaux pour la tige ?
- Parce qu'aucun matériau n'atteint le seuil de 80 % en surface. Le décret n° 96-477 impose alors d'indiquer les deux matériaux principaux. Une tige mixte n'est pas forcément moins bonne, mais elle vieillira de façon inégale : les zones en matériau synthétique se marquent souvent plus vite que les zones en cuir, surtout aux plis.
- Un vêtement sans coût environnemental affiché est-il moins vertueux ?
- Non. Le décret n° 2025-957 ne rend pas l'affichage obligatoire : il encadre ceux qui choisissent de communiquer ce chiffre. Une marque peut parfaitement ne rien afficher. L'absence de points d'impact ne vous apprend rien sur le produit, alors que l'absence de composition en fibres, elle, signale un manquement.
- À quelle fréquence le coût environnemental peut-il changer ?
- Au maximum une fois tous les 3 mois selon le décret n° 2025-957. Le chiffre que vous lisez sur une étiquette peut donc correspondre à un calcul effectué un trimestre plus tôt. Des dispositions transitoires courent jusqu'au 1er octobre 2026, ce qui veut dire que deux marques peuvent encore s'appuyer sur des versions de méthodologie différentes.
- Le vendeur doit-il m'expliquer les pictogrammes d'une chaussure ?
- Le décret n° 96-477 impose au détaillant d'afficher les pictogrammes et leur signification à proximité des produits. Si l'affichage manque en rayon, les pictogrammes présents sur la semelle de propreté restent lisibles : une peau stylisée pour le cuir, un losange pour les autres matériaux, un tissage pour le textile.
Sources
- Article R412-42 du code de la consommation — application en France du règlement (UE) n° 1007/2011 sur les dénominations des fibres textiles — vérifié le 2026-11-03
- Décret n° 96-477 du 30 mai 1996 relatif à l'étiquetage des matériaux des articles chaussants — vérifié le 2026-11-03
- Décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025 relatif au coût environnemental des produits textiles — vérifié le 2026-11-03
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